Monsieur le Président, Cher(e)s collègues,
Pour partager le choix d’affermage qui nous est proposé, il faut au moins avoir une bonne raison. Nous avons beau aborder le problème sous tous ses angles, nous ne l’avons pas trouvé. Je voudrais l’aborder par trois aspects.
1. Absolument rien ne nous oblige à mettre en concurrence l’exploitation d’un équipement que nous avons financé à 100% sur fonds public. Au contraire, si nous avons fait ce choix d’investissement public, c’est bien pour avoir une parfaite maîtrise dans la construction et l’usage de cet équipement. Il y a donc incohérence dans le recours à un affermage du privé.
Pour éviter toute généralisation : dans notre esprit le recours au privé n’est pas un tabou. Mais à la condition que son apport contribue à la construction d’un projet d’intérêt général. Et non l’inverse, comme c’est ici le cas.
En clair : il n’est pas inconcevable de recourir à une DSP qui englobe la conception, la réalisation et l’exploitation d’un équipement qu’une collectivité comme la nôtre n’est pas en capacité de financer.
Mais encore une fois ici ce n’est pas le cas.
2. Le privé apporterait-il une compétence et un savoir faire que ne pourrait pas avoir notre EPCI en matière de gestion de ce type d’équipement ? Si nous avons bien compris, l’expérience de la piscine municipale de Gémenos semble conclure à l’inverse. Et les tableaux comparatifs de six équipements en DSP ou en régie directe qui ont été versés au débat de la commission adéquate sont financièrement encore moins convaincants sur la supériorité d’un recours au privé.
De même, en matière de compétences humaines. Que ce soit en public ou en privé il faudra recruter un Directeur de piscine et les personnels nécessaires. Ces recrutements devront être au niveau des qualifications exigées par la loi et surtout au niveau de l’usage que nous souhaitons imprimer à cette piscine.
Or, le recours au privé n’est pas vraiment une garantie en matière de qualifications - bien souvent c’est une variable d’ajustement dans le taux de rentabilité.
3. Enfin troisième argument avancé : il y a urgence si nous ne voulons pas retarder la mise en service.
D’accord. Mais pourquoi avoir attendu le dernier moment pour aborder cette question. Pourquoi n’avoir présenter de projection financière que sur la base d’une seule option possible, celle de l’affermage ?
N’est-ce pas parce que la réflexion est plus omnibulée par la question de la maîtrise budgétaire du fonctionnement que par la définition des ambitions et de l’accessibilité des services. Piscine rentable ou piscine utile ?
On peut toujours évoquer la réversibilité possible du choix au bout de cet affermage de 2 ou 3 ans. Mais pour l’heure on donne un équipement public au privé et c’est à lui qu’on demande d’arbitrer les usages de cette piscine entre les habitants, les collectivités, les associations, la pratique sportive, la pratique éducative, la pratique loisir/santé génératrice de recettes. Ce sont donc ses critères de rentabilité qui vont d’abord arbitrer. Et quand ils seront installés depuis 2 ou 3 ans, la possibilité de revenir à un autre choix posera d’autres questions que celles d’aujourd’hui posées.
Ce n’est pas du tout le sens que nous donnons à un équipement public d’intérêt communautaire.
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