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Contrat Communautaire : Une fenêtre ouverte ?
Interview de Françoise Verna - Journal La Marseillaise à Patrick Magro

Deux questions de Françoise VERNA - Journal La Marseillaise

1. Etes-vous satisfait du “contrat communautaire partagé” du 23 mai ?

Ce qui nous satisfait avant tout, c’est que le blocage soit derrière nous et que le travail pour lequel nous avons été élus puisse commencer.

Au-delà, il y a les questions de fond. Notre territoire intercommunal, créé partiellement sous la contrainte en 2000 et pas toujours pertinent dans ses limites, va - peut-être - à l’occasion de l’élection inattendue d’Eugène CASELLI, s’engager vraiment dans une dynamique de développement solidaire.

Si le contrat communautaire partagé reposait clairement sur une majorité de Gauche, notre satisfaction serait plus grande. Ce n’est pas le cas. Il nous faudra donc être constructifs, bien sûr, mais aussi veiller à ne pas reproduire les fonctionnements qui ont échoué.

Tout l’enjeu est là : une fenêtre est ouverte. Le texte qui est proposé par Eugène CASELLI à la signature des quatre Présidents de Groupes politiques n’est pas parfait, n’aborde pas toujours avec précision les questions les plus épineuses. Il a le mérite de s’appuyer sur les réalités communales qui sont incontournables, mais aussi sur la perspective d’une métropole multipolaire respectueuse des communautés d’agglomération voisines, qui disposent non seulement d’une plus grande richesse par habitant, mais aussi de savoir-faire et d’expériences que la jeune Communauté Urbaine n’a pas encore. J’ai le sentiment que le contrat sur lequel vous m’interrogez représente un progrès indéniable par rapport à “la charte pour l’action et la solidarité communautaires des communes membres de Marseille Provence Métropole” signée le 7 juillet 2000.

2. Quelles sont, dans le cadre de cette gouvernance, vos priorités ?

Agir sur tout ce qui peut nous rapprocher de la construction d’un territoire plus solidaire envers les habitants et les communes. En effet, Marseille notre Ville centre est la plus pauvre des grandes Villes de France en termes de revenus imposables par foyer fiscal. Elle est caractérisée par l’existence d’une centaine de quartiers qui sont globalement restés populaires partout. En même temps, les différences entre les arrondissements les plus pauvres et les plus riches sont flagrantes, quelques fois intolérables, même si dans les quartiers Nord l’excellent travail des équipes successives de Pascal POSADO, Guy HERMIER et Frédéric DUTOIT a contribué à une amélioration de la situation.

Pour les autres communes, le revenu imposable par habitant va de 1 à 2,5 mais si on considère aussi le poids des impôts locaux, qui sont toujours le fruit d’une histoire locale longue, la différence va de 1 à 5. Il y a donc du “pain sur la planche” pour des élu(e)s qui souhaitent une métropole solidaire. C’est notre cas. Les besoins prioritaires sont bien identifiés : Logement - Transports - Emploi.

Pour le logement, le texte commun acte la nécessité de 20% de logements sociaux, partout, y compris dans les secteurs de Marseille où ce n’est pas le cas. Notre Groupe sera très actif au sein de la commission qui a en charge cette question.

Pour les transports, la perspective d’un syndicat mixte avec le Conseil Général et la Région mais aussi les communautés d’agglomération voisines, comme le Pays d’Aubagne et de l’Etoile qui vient de faire savoir sa disponibilité pour ce projet, est une véritable chance pour MPM, la chance qui peut changer la donne dans le seul intérêt des habitants et de leurs déplacements, qu’ils soient collégiens, salariés ou autres.

Pour le Tramway, on peut et on doit immédiatement revenir à l’unicité de la RTM en appliquant les décisions de justice prononcées par le Tribunal Administratif de Marseille qui, saisi notamment par mes collègues Robert BRET et Michel ILLAC, nouveau Maire d’Ensuès-la-Redonne, a annulé la DSP. Le Président Eugène CASELLI en est d’accord.

Pour l’emploi, il ne faut bien sûr attendre rien d’automatique. Par contre, on peut imaginer qu’une réflexion renouvelée sur le nécessaire développement d’emplois productifs sur le territoire de MPM soit possible en s’appuyant sur toute une série de mobilisations qu’il convient de ne pas gâcher. Je pense aux activités portuaires, aux zones franches, aux zones d’activités existantes ou en cours de création, aux pôles de compétitivité comme à la perspective de voir Marseille Capitale Européenne de la Culture en 2013. Il faudra examiner également les espaces périurbains, pas toujours valorisés, et imaginer un développement de l’agriculture de proximité ou du sylvopastoralisme, si utiles à la lutte contre les incendies. Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.

Marseille, le 29 mai 2008

Version intégrale du Contrat Communautaire Partagé - 3.7 Mo
Version intégrale du Contrat Communautaire Partagé